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et doivent agir

les uns envers les autres

dans un esprit de fraternité. 

Les Droits de l'Homme

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Maraude du 19.10.2013

 

Première maraude de l'année. Vous trouverez des réactions de jeunes sur la page "écrire un témoignage". Nous étions 17 jeunes. Nous avons fait 4 équipes. Beaucoup d'émotion et de plaisir. Il y a vraiment plus de joie à donner qu'à recevoir.

 

 

 

Juin 2014 - Les Maraudes

 

Les maraudes sont des sorties dans Paris (au quartier Les Halles) pour partir à le rencontre des SDF. On croise majoritairement es étrangers venant de Roumanie, Bulgarie ou du Maroc venus tenter leur chance à Paris, mais il nous arrive de rencontrer des parisiens ayant perdus leur travail ou pour toutes autres raisons. Le principe est simple : créer un lien et apporter de la joie et de l’espérance dans le cœur de ces hommes et de ces femmes. On commence par leur donner une pièce, pour qu’ils lèvent la tête et voit à qui il a à faire : des enfants. Des adolescents. Ils nous remercient, certains nous bénissent avec ferveur. Ensuite on s’agenouille atour d’eux et on leur propose du café puis une part de gâteau. Souvent ils acceptent le café, parfois le gâteau. Ensuite on leur pose des questions, du genre : « Cela fait combien de temps que vous êtes ici ? », « D’où venez-vous ? », « Comment vous appelez-vous ? », etc. On doit éviter les questions telles que : « Comment allez-vous ? Et votre famille ? ».

 

 

On veut leur faire oublier un moment qu’ils sont des SDF, des personnes dans le besoin, allongées dans la rue ou mendiant dans le métro. On souhaite leur montrer que pour nous, au moins pour nous, ce sont des personnes, des humains comme vous et moi, qu’ils ne sont pas différents des autres, et qu’ils ont droit au respect et à la joie. Pour cela il faut leur parler comme nous parlerions à un professeur, une voisine. On salue un professeur « Bonjour monsieur », « Au revoir monsieur », « Merci beaucoup » et non pas « Euh… Salut ? Tu veux du café ? Des gâteaux ? Non ? Bon bah, à la prochaine. ». Il ne faut pas insister, mais parfois reposez les questions avec un peu plus de conviction. Ces personnes ont besoin d’assurance : des enfants dans la rue qui proposent toutes de choses plutôt bienvenues, cela peut éveiller la méfiance. Se moquent-ils de moi ? Corruption ? Il faut paraître heureuse de faire leur connaissance, confiante, mais la prudence doit rester présente, cachée Ivresse, désir, tout est permis dans la rue. Tout, même les preuves d’amour et de respect.

 

Témoignages

Mon avant-dernière maraude était géniale, nous étions avec Frog et nous avons croisé un groupe de SDF vraiment sympas, un peu drogués (un prénommé Lorenzo a proposé du shit à Frog) mais sympas, nous avons pu discuter et sympathiser avec eux. J'espère pouvoir les revoir un jour, même si je sais que ce ne sera pas tellement possible...


Il y a un SDF qui m'a marqué, c'était une roumaine, Maria, tellement souriante et ayant la joie de vivre, elle avait des étoiles dans les yeux quand elle nous parlait de ses fils, un petit de 5 ans environs et un de 10 ans, on a pris une photo avec elle, limite elle était plus heureuse que nous. Cette femme m'a appris que lorsqu'il n'y a pas d'argent, le bonheur prend sa place, ce qui fait des pauvres les personnes les plus reconnaissantes de la planète (attention, ça ne veut pas dire qu'il faut les laisser dans leur état!) Lors de la maraude du 9/02 avec Sophie et Sheida nous avons croisé avenue Victoria, Mohammed avec qui nous avons longtemps parlé : il nous a expliqué pourquoi il était là et qu'il avait eu de gros problèmes dans sa famille au Maroc. Il était très ému et nous a dit que ça lui faisait du bien de parler ... Quand on a dû partir, il était triste et nous a demandé quand est-ce qu' on reviendrait car c'était " à nous et pas à d'autres" qu' il voulait se confier ...


Faire une maraude c'est faire des rencontres ! On rend quelqu'un heureux quelques instants mais cela nous rend heureux en retour ! On est allé voir une dizaine de sdf en tout. Celui avec qui on est resté le plus longtemps s'appelait Ali. Il était très gentil, mais je n'en dirais pas plus sur lui, car il ne souhaite pas qu'on mette des informations sur lui sur internet...


Un seul conseil à donner aux futurs ck... ALLEZ AUX MARAUDES !!!


La prochaine fois, je prendrai des sandwiches, car un sdf nous a demandé si on en avait... Ils avaient l'air vraiment contents qu'on leur offre du gâteau, et nous ont raconté pleins de choses sur leur vie, même si aucun ne parlait bien français. Ils nous ont aussi posé des questions sur nos études...


 Quelque chose m'a quand même énervée: on était en train de parler avec un monsieur très gentil et on lui proposait du gâteau, et une passante a dit, pour nous ou peut-être juste pour elle-même: "Pff... du gâteau!". On avait l'impression qu'elle se demandait réellement pourquoi on perdait notre temps à aller parler à des SDF. C'est dommage que certaines personnes réagissent comme ça... D’habitude, c’est très drôle de voir la réaction des passants : surpris, gêné, ébahi, souriant, remerciant presque…

 

 

Mais si vous êtes trop jeunes ou que vous avez peur de vous retrouver face à des SDF (il n'y a rien de honteux à ça, moi aussi je suis passée par là), vous pouvez tout autant le faire avec Voisin-Age. Le principe est simple : vous rendez service bénévolement. Cela ne peut qu'apporter que de la joie dans votre cœur et dans celui de la personne âgée que vous aidez. Ces personnes âgées isolées ont en effet besoin d'une personne pour faire leurs courses, promener leur chien ou juste bavarder un peu...

Cela peut vous paraître inutile de parler avec une vieille dame chevrotante qui entend un mot sur deux, mais vous ne pouvez pas savoir l'espoir et la joie que vous lui apportez. Très souvent, les familles, les enfants, les petits-enfants ne viennent plus les voir. Elles se sentent alors inutiles, "dépassées". Il faut leur montrer que pour nous, elles comptent autant que notre propre famille. Si une de ces personnes vous apprécient, les échanges peuvent devenir incroyablement beaux...

Maraude

du

17.02.2013

 

Dimanche 17 février 2013. Quatre élèves de la Classe Kielburgerr au rendez-vous: Clémence, Baptiste, Su-A et Guillaume. Dans les sacs, thermos, verres et gâteaux. Nous arrivons dans la quartier des Halles. Le soleil est lui aussi au rendez-vous. Je les suis de loin. Ils repèrent une SDF et lui donnent une pièce. "Voulez-vous un café?". Et c'est parti: pendant plus d’une ½ heure, Maria leur raconte sa vie. Elle est roumaine. Elle a 38 ans. Très jeune, elle se retrouve abandonnée suite à la mort de sa mère. Cela fait deux ans qu'elle vit à Paris. En ce moment, elle dort dehors avec d'autres roumains sur des matelas de fortune rue Rambuteau: ce matin, il faisait 0°! Mais, dit-elle, la vie est encore plus dure en Roumanie! Elle aime la France. Elle ne demande rien! La vie est ainsi. Clémence lui propose une part de gâteau maison! Elle accepte volontiers en continuant de répondre aux questions. Quelques rires. Les jeunes sont surpris par sa gentillesse. "Elle voulait absolument nous faire un cadeau: elle nous a alors proposé des cigarettes et n’a pas compris notre refus! "J’ai été touché par son histoire! Ce que je retiens, c’est son regard positif et optimiste sur la vie: malgré sa situation, elle n’en veut à personne. Elle était heureuse d’échanger avec nous!" Juste avant de reprendre le métro, nous l’avons de nouveau croisée: elle nous a fait un petit coucou avec toujours le même sourire! Et nous qui nous plaignons parfois pour des broutilles! A quand la prochaine maraude? Bientôt! Frog

 

 

SAMEDI 19 JANVIER 2013

 

Un samedi après-midi, le 19 janvier 2013, nous étions cinq JP, dont trois CK, a vouloir faire une action concrète, pour rendre service. Sous la houlette de Véronique, nous avons pu nous rendre à Emmaüs, pour les aider. L'une d'entre nous était déjà venue lors des trois jours pour la paix. Elle a donc pu nous expliquer quelques petites choses... Quand nous sommes arrivés, j'ai été impressionné par l'aménagement du local : c'était un véritable magazin, comme toutes les grandes surfaces de vêtements, sauf que les habits n'étaient pas neufs, et leur prix étaient bien plus qu'abordable.

 
Les personnes là-bas, les compagnons, étaient très gentils. L'un d'entre eux nous a demandé si deux filles voulaient bien aider dans le local, pour la vente, pendant que les trois autres triraient les vêtements vendables des non vendables dans une salle à l'arrière du bâtiment. J'ai été parmi les deux filles à aller aider en boutique, ce qui m'a beaucoup apporté, grâce au contact des gens. J'étais tenue de m'occuper de faire les tickets pour le coin où il y avait des objets d'une plus grande valeur que les autres... C'était vraiment amusant ! Une dame très gentille m'aidait, mais me laissait faire quand même beaucoup de choses.

Quand ils ont ouvert, les gens se sont précipités dans le local, tout de suite à la recherche des "bonnes affaires", sans doute. Moi qui pensais être plutôt éloignée de ces personnes... Pas du tout ! Certaines étaient très sympathiques, j'ai notamment vu des adolescents, des enfants... Ce qui m'a impressionnée, était d'une part l'échelle des prix. Comparée à notre échelle, dans les magazins de grandes surfaces, ou quelque chose à 15€ est une occasion, là, un article à 8€ était une petite folie ! Mais je m'y suis vite habituée. Et d'autre part, c'était la cordialité et la gentillesse dont faisaient preuve les clients. Tous pensaient aux autres, aux gens de leur famille, à leurs amis... Après avoir trouvé le nécessaire pour eux, ils flânaient, et dès qu'ils tombaient sur quelque chose qui pourrait plaire à leur tante, ou leur belle-fille, ou leur mère... Ils le prenaient.

Les compagnons, et responsables d'Emmaüs, étaient très heureux qu'on leur donne un coup de main. Ils nous ont offert une petite pause goûter, c'était super amical ! Et ensuite, j'ai échangé mon rôle avec Charlotte, je suis partie au tri. C'était notamment très drôle, car on riait tous ensemble, on commentait les vêtements qu'on trouvait. Notre rôle était d'ouvrir les colis, de juger si le vêtement était vendable, ou non, si oui de le mettre sur un cintre, si non, à la poubelle.
A la fin, nous étions vraiment heureux, et je suis rentrée chez moi avec le sourire. Dans la soirée, toutes les images de ce que j'avais vu, des gens que j'avais rencontrés, et de mes camarades avec qui j'ai eu cette expérience ont défilés dans ma tête. J'ai hâte de recommencer, cela m'a énormément apporté!

 

Lucile

DIMANCHE 16 DECEMBRE 2012

 

Nous sommes à deux pas de l'Eglise Sainte Eustache. Emma, Gabriel et Daniel aborde une dame. Je reste à l'écart. J'observe. Elle a 60 ans? 70 ans? Elle est assise sur une valise. Devant elle, un gobelet. "SVP AIDEZ-MOI POUR MANGER". On voit dans son regard de l'émotion devant ces trois jeunes qui lui proposent un café et un morceau de gâteau fabriqué par l'un d'entre eux. Elle s'appelle Maria. Elle va bientôt retourner dans son pays, la Roumanie. Elle pensait s'en sortir ici. Désillusion. Les passants observent! Cela va de l'indifférence à l'étonnement.

Plus loin, un autre SDF. Il tend un gobelet aux passants. Daniel lui tend une pièce et lui propose un café. Cette fois, impossible de connaître son nom. Il ne parle pas un mot de français. On comprend juste qu'il est de Moldavie. On sent de la détresse dans son visage.

En poursuivant notre route, nous tombons sur une jeune femme allongée sur des marches comme pour dormir. Marie. Elle a 25 ans? 30 ans? Les jeunes lui proposent un café. Magalie accepte mais n'a pas trop envie de parler. Nous apprenons qu'elle vit dans la rue depuis 6 mois. Elle ne souhaite pas en dire davantage mais boit son café avec plaisir. On a l’impression qu’elle a honte ! Que s'est-il passé dans sa vie pour qu’elle se retrouve dans la rue ?

Les jeunes repartent avec leurs questions, leurs interrogations. Ils n'ont pas donné beaucoup. Juste un peu de leur temps et de leur sourire. Le regards de ces trois SDF restent gravés dans notre mémoire comme un signal: notre civilisation démocratique n'a donc pas trouvée le moyen de permettre à tous de vivre avec un minimum de dignité. Prendre un peu de temps pour eux, c'est leur rendre un peu cette dignité.

Merci et bravo aux trois jeunes pour leur courage. C'est un beau témoignage. Une précision pour les parents parfois inquiets de voir leurs enfants s'embarquer dans une maraude: l'adulte accompagnateur n’est jamais loin.

Frog